Martini Francois écrivain du salon du livre






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En 1992, je suis rentré comme « Responsable d'Opérations Immobilières » au service technique d'un établissement public très connu des chômeurs (quatre lettres). Étant architecte, j'ai été chargé de diriger des chantiers.

Deux ans plus tard, les ennuis commencèrent. J'étais placardé. Après quelques aventures du côté du harcèlement et du syndicalisme, j'ai commencé à vraiment ressembler à un rond-de-cuir à la Courteline.

En 1999, deux amis de l'internet m'ont dit, en substance : François (je m'appelle François), on comprend bien dans quelle situation tu es, mais on ne comprend pas comment tu en es arrivé là. J'ai commencé à leur raconter, soir après soir, par e-mail. A
u dix ou quinzième e-mail, leur verdict a été sans appel : je devais en faire un livre. Ce qui fut fait en deux ans pour le premier jet. Évidemment, il n'y a plus trace des premiers e-mails, je ne cherche pas à fourguer une collection de sms mal embouché
e. Non, c'est un vrai livre avec plein de mots écrits à la suite les uns des autres, dans le respect des règles usuelles du français d'aujourd'hui, parfois un peu entaché de célinisme, m'a-t-on dit, mais point trop. On m'a cité aussi Marcel Aymé. Pourquo
i pas ? Je n'ai jamais lu Marcel Aymé. Céline, si. Il y a de quoi être célinien, au service de l'État, parfois, dois-je dire.

Ce livre, moult fois relu, repris, corrigé, grâce à l'infinie bonne volonté d'amis et de parents, est enfin achevé, fini, imprimé par moi-même, relié artisanalement par un service de repro malin ; et je le vends à qui le veut. Non, il n'est pas publié
chez Vivendi qui n'en a pas voulu, à raison sans doute, il est trop bon pour eux.

Mais est-ce bon ? se demandera-t-on (ou bien on dira : c'est une merde, ça se devine du premier coup) ? Je ne sais. Cela se lit, c'est sûr, j'y ai toujours veillé. Cela renseigne précisément sur quelques points de la vie de bureau au service de l'État,
qui n'est pas exactement la même que celle du privé. On y a des langueurs qui sont hors de portée des assujettis au bilan comptable. On croise des personnages intéressants, voire attachants, mes collègues de l'époque, que je remercie bien, au passage, p
our leur bonne volonté d'acteurs. La fin, m'a dit un lecteur du manuscrit, « se lit comme une nouvelle d'Alphonse Daudet », compliment dont je ne suis pas peu fier.

Le roman - car tout de même c'est un roman - a des défauts, c'est sûr. J'en connais certains même que j'ai renoncé à corriger. C'est un peu trop démonstratif, parfois, et l'on sent le règlement de comptes. Mais j'ai beaucoup taillé dans la chair et c'e
st, à mon avis, très supportable. Il ne reste plus de tunnels interminables, ce qui me donne un avantage très net sur Jules Verne. Je dis Jules Verne car c'est aussi un voyage extraordinaire que je raconte là, un voyage dans un monde inconnu et dangereux
, celui du service de l'État, et je sais qu'on m'accusera de mentir (ce serait bien, ça prouverait qu'on m'a lu). Mais je ne mens jamais, et j'ai limité le procédé romanesque (faire de la fiction à partir de la réalité) uniquement en regroupant des événe
ments qui seraient sinon très dilués, plus une courte partie finale rédigée au futur, pour bien marquer la différence avec le reste.

Ce Chantiers de papier a été la première chose que j'aie écrite hors mon domaine de compétence professionnelle, l'architecture. Ceux qui ont pu lire les quelques nouvelles très fantasques que j'ai publiées sur le net doivent être prévenus : ça n'a rien
à voir. C'est antérieur et bien plus sérieux même si c'est drôle parfois.

Sans vouloir obliger personne (après tout que m'importe de vendre un livre qui ne rapporte rien ?), j'ai quelques exemplaires du premier tirage. C'est un objet artisanal. Chaque exemplaire me revient à douze eurots (dix de photocopies/reliure et un pou
r la couverture et son collage). Trois eurots de poste pour la France, cela fait quinze. Restent cinq eurots pour les frais divers et la TVA ; et un petit bénéfice pour l'auteur. Cela me paraît honnête.

Le livre fait deux cent soixante-dix pages, ou quatre cent mille caractères. On en a pour son argent, d'autant que la correction finale des fôtes est d'Aurélie. Cela restera pour toujours le premier travail qu'elle aura fait dans son nouveau métier. St
éphanie a, encore mieux, traqué les incohérences, ce qui est franchement héroïque, une vraie corvée. Votre avis ou information ?

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